Expo : la Fondation Maeght rend hommage à Jacques Monory

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Jacques Monory, Couleur n° 1, 2002.Huile sur toile, affiche de cinéma « Gun Crazy » de J.H. Lewis et plexiglas, 160 x 300 cm.Photo Jacques Monory. © Jacques Monory / Adagp Paris 2020.

Pour la première fois de son histoire, la Fondation Marguerite et Aimé Maeght a dû fermer ses portes. Une réouverture est envisagée le 1er juillet, sauf instructions contraires du gouvernement et de la préfecture. Les conditions nécessaires pour recevoir les visiteurs en toute sécurité seront mises en place. Ainsi, l’exposition consacrée à Jacques Monory, initialement prévue du 28 mars au 14 juin, sera présentée au public durant l’été et jusqu’au 22 novembre. L’exposition Les Giacometti : une famille de créateursest reportée à l’été 2021.

Direction Saint-Paul-de-Vence et la Fondation Maeght pour la première exposition monographique dédiée à Jacques Monory, depuis sa disparition en 2018. Tout simplement intitulée « Jacques Monory », l’exposition présente soixante ans de carrière et revisite l’œuvre de cette figure majeure de la Figuration narrative. Parfois hyperréalistes, les scènes énigmatiques qu’il peint et qu’il juxtapose forment comme le journal de bord hanté d’un peintre qui chaque jour s’interroge sur la réalité du monde. Le bleu qui l’a rendu célèbre, qu’il soit monochrome, ou qu’il accueille d’autres couleurs du spectre, est la couleur de ce doute. Il agit comme un voile onirique et comme une mise à distance.

Jacques Monory, La Voleuse n°1, 1985.Huile sur toile, 170 x 340 cm.Photo Jacques Monory. © Jacques Monory / Adagp Paris 2020.

Empruntant au cinéma – et notamment aux thrillers des années cinquante – comme à la photographie et à l’imagerie, les peintures de Monory, fréquemment de grand format et qui incluent aussi souvent des objets, alternent ou combinent des paysages urbains et de grandes étendues de nature, des visions romantiques et des images dramatiques venant de l’actualité ou de l’histoire contemporaine. Un pessimisme fondamental, teinté d’humour grinçant, y coexiste avec une fascination pour le vide. L’exposition s’ouvre par une série de peintures de la série Meurtres (1968) qui le rendit célèbre. Le peintre utilise le climat du film noir et de série B pour se mettre en scène, où au commencement, il est atteint par l’arme braquée sur lui par une main féminine. La blessure sentimentale de la séparation est traitée de manière cinématographique.

Portrait de Jacques Monory© photo Jean Larivière.
Portrait de Jacques Monory© photo Jean Larivière.

Dans les peintures des séries suivantes, Velvet Jungle et Mesure, Monory tente de conjurer la peur de la mort. Dans Dreamtiger, il poursuit sa quête en s’identifiant à l’instinct des tigres en cage, et revient à la réalité du monde en inventoriant la violence et la passion sociales.

Jacques Monory, Baiser n°19, 2001.Huile sur toile, 50 x 50 cm. Photo Jean-Louis Losi. © Jacques Monory / Adagp Paris 2020.

Infos pratiques : exposition « Jacques Monory », du 28 mars au 14 juin 2020 / Fondation Maeght, 623 chemin des Gardettes 06570 Saint-Paul de Vence / +33 (0)4 93 32 81 63 / info@fondation-maeght.com / www.fondation-maeght.com

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