Humeur // Lâcher-prise et accepter ses limites

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Lâcher-prise / Whataboutnice.fr

Depuis quelques temps déjà, j’avais en tête d’écrire un billet plus personnel sur ce qu’on appelle le lâcher-prise ou plutôt « mon » lâcher-prise et, faute de temps, de motivation… je l’ai mis dans un petit coin de ma tête et je l’ai complètement mis de côté. Et puis, ces dernières semaines, tout m’est revenu à la figure comme un boomerang.

J’ai traversé une période délicate pour pas dire difficile où j’ai flirté avec des sentiments que je croyais définitivement sortis de ma vie comme la peur, l’angoisse et même la panique. Ces charmantes compagnes m’ont accompagnées dans mes pires cauchemars et aujourd’hui, avec le recul suffisant, j’ai besoin d’écrire et d’aller jusqu’au bout de ce billet.

Le lâcher-prise c’est un bien grand mot me diriez-vous dans lequel on peut stocker tout et n’importe quoi. En tout cas, moi qui pensais en avoir saisi le sens, je me leurrais. J’ai enfin compris ce que cela signifiait vraiment…

De drôles de sensations

Au début du mois d’avril, je ressentais de drôles de sensations dans mon corps : des fourmillements dans les mains, dans la jambe gauche, puis la jambe droite, puis dans le bas du dos, puis j’avais une sensation de paralysie sur la moitié du visage… et puis dans le cou, c’était comme si j’étouffais, comme si une main invisible venait m’étrangler pour m’empêcher de respirer.

J’ai attendu quelques jours, je me suis dit que c’était la fatigue certainement et puis comme cela ne passait pas je suis allée consulter un « médecin » qui m’a « tout simplement » diagnostiqué une maladie grave, de but en blanc, sans me regarder dans les yeux et sans rien à l’appui. Il m’a balancé ces mots à la figure comme s’il jetait une pièce à la pauvre fille en détresse qu’il avait en face de lui. Une arme à feu pointée sur moi m’aurait fait le même effet. La violence des mots a été proportionnelle à mon effondrement.

Et puis il y a eu cet échange : « Vous me faites peur quand même ! J’espère que ce n’est pas cela docteur » / « J’espère pour vous » m’a t-il répondu avec un air désolé. Les mots ? Pires que les coups ! On peut détruire des vies entières avec des mots. J’apprends justement à ma fille l’importance du choix des mots et la portée de chacun d’entre eux… même si cela m’est bien entendu arrivé de dire des choses blessantes. Toujours est-il que quand des docteurs – qui font office d’autorité – se permettent de jeter cela à la figure d’un patient qu’il ne connaisse pas, c’est violent.

Dans les heures et les jours suivants, j’ai enchaîné les examens médicaux… dans mon sang, ma tête et jusque dans ma moelle épinière. Et puis rien. Il n’y avait rien de significatif. Enfin si. Quelques spécialistes plus tard, un ORL, puis un dentiste et puis encore un osthéopathe m’ont expliqué que je serrais les dents. Trop fort. Qu’un nerf était coincé et que des vertèbres déconnaient.

Résultat : ça tiraille, ça fourmille, ça se paralyse, ça coince, ça étouffe, ça angoisse… et ça empêche d’avancer. Alors inutile de vous faire de la psychologie de Monoprix mais oui je serre les dents, au sens propre et figuré. Et plus que jamais je dois lâcher car à force de ne rien vouloir lâcher, à force de s’accrocher, on se fait du mal justement. Et dans toutes les situations.

Lâcher-prise ce n’est pas renoncer

Running : mes parcours préférés à Nice et dans les alentours © 2018 Sarah Stefani
© Sarah Stefani / 2018

Alors la voilà la raison du pourquoi de ce billet sur le lâcher prise. Lâcher-prise ce n’est pas renoncer. Au contraire. Pour moi, cela signifie arrêter de se mettre une pression inutile et prendre conscience qu’il n’est pas possible de tout maîtriser et de tout faire.

Cela signifie qu’il faut accepter ses limites tout en s’en imposant d’autres, s’écouter, écouter son corps, entendre ses émotions, lever le pied, profiter du moment présent…! Et puis c’est aussi accepter de faire comme on peut et quand on ne peut pas, on ne peut pas. C’est apprendre à dire « non ».

Ce n’est pas simple mais c’est primordial. Et ceux qui ne comprennent pas, alors c’est à prendre ou à laisser. Je n’ai plus envie de me battre et de me justifier ! Impossible d’enchainer une journée de travail, puis celle de maman et être en même temps ici ou là, ou de répondre aux sollicitations… c’est génial oui mais ce n’est pas toujours possible ! Alors il faut lâcher et dire stop parfois.

Un sacré programme me direz-vous ! Toujours est-il que cette petite épreuve m’a permis cette prise de conscience.

Et pour le blog c’est tout pareil

Et pour le blog c’est tout pareil. Je ne vous cacherais pas que l’idée de l’arrêter m’a traversé l’esprit car il faut beaucoup d’énergie pour rester dans le « game ». Mais en fait non. Je n’arrêterai pas de bloguer ou en tout cas pas pour ces raisons. Justement c’est un jeu et je me suis juste rappelée ces jours-ci pourquoi je l’ai lancé. Je l’ai lancé pour écrire, pour partager mes bons plans, mes coups de coeurs, mes idées de sorties, mes photos et de plus en plus, des petits morceaux de moi à travers ces billets d’humeur. Alors là aussi, plus de pression.

Je lâche-prise et bloguer doit rester un plaisir et ne doit surtout pas devenir une contrainte et une obligation. Surtout pas. Je n’ai rien à prouver à personne, à part à moi.

Alors j’ai décidé, enfin non, je n’ai rien décidé du tout. Je laisse désormais venir mais je laisse aussi aller…

Anne L.

P.S : Je vous invite également à lire le dernier article de Magali sur son blog le Mag à Lire. Mag est une amie, et en papotant, ces jours-ci, nous avons réalisé que nous étions sans le savoir en train d’écrire un billet personnel sur nos prises de conscience et doutes…

3 Commentaires

  1. Superbe ton article!
    Les mots justes pour décrire une sensation qu’on ressent tous et toutes je pense à un moment donné.
    Le lâcher prise est dur, identifier ses limites et les accepter encore plus…
    Merci pour cet article qui fait prendre conscience qu’on n’est pas seul à vivre de tels moments.
    J’espère que tu vas mieux
    Bisous

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