Pourquoi je n’arrive pas à lui dire que le Père Noël n’existe pas ?

0
Pourquoi je n'arrive pas à lui dire que le Père Noël n'existe pas ?
© Stocklib / subbotina

Vous avez bien lu. A quelques jours de Noël, c’est un billet plus personnel que je vous propose. Ce billet vous parlera peut-être à vous aussi qui êtes parents (ou pas d’ailleurs). Il est donc question du Père Noël. Oui, du fameux ! De celui qui vit au Pôle Nord avec ses rennes et ses lutins ; De celui qui a une barbe blanche et un habit rouge ; De celui qui maitrise le « Ho ! Ho ! Ho ! » comme personne ; De celui qui passe par la cheminée la nuit du 24 décembre ; De celui qui fait office d’autorité sur les enfants plus que n’importe qui ; De celui dont on entend parler dès le mois d’août ; De celui qui nous permet d’ailleurs aussi de faire du chantage sur nos enfants… n’est-ce pas ?

Que celui ou celle qui n’a jamais menacé son enfant avec un « Si tu n’es pas sage, le Père Noël ne t’apportera pas de cadeau » ou un « Si tu n’es pas sage, je vais appeler le Père Noël et il va t’apporter des oignons et je ferai de la soupe avec », quitte mon blog sur le champ ! Bref, dans ce billet, je vais donc vous parler de ce vieux monsieur qui fait rêver nos enfants avec ses jouets par milliers.

La question fatidique

Comme vous le savez, je suis maman et maman d’une petite fille qui vient d’avoir 9 ans. Et à 9 ans elle croit au Père Noël. Et là vous devez penser : « Encore ?! ». Oui elle croit « encore » au Père Noël et je me confesse à travers ces quelques lignes car cela fait des semaines qu’elle me pose la fatidique question : « Maman, dis moi la vérité, le Père Noël il existe ? Parce que dans ma classe, mes copains disent qu’il existe pas ».

Et moi de répondre : « Ma chérie, bien sûr qu’il existe ! Chacun croit en ce qu’il veut ! Et si toi tu as envie de croire au Père Noël, crois-y ! Mais garde le pour toi ». Et la voilà qui renchérit : « Toi maman tu y crois alors ? ». Comment dire…. « Je n’y crois plus mais j’y ai cru quand j’étais petite parce que je l’ai vu et je crois que seuls les enfants peuvent le voir et l’entendre. Pas les grands ». Bravo le traumatisme ! Vous le voyez venir le petit remake du film Le 6e Sens avec le Père Noël dans le rôle de Bruce Willis ?

Et de rajouter « Tu sais, ma chérie, je crois en d’autres choses mais je n’en parle pas à tout le monde et je garde pour moi ce en quoi je crois, ce que j’ai pu voir ou entendre. De même que certains croient en dieu, moi je n’y crois pas mais je respecte les croyances de chacun. Le Père Noël c’est pareil ». Oui je sais, bravo ! Comparer le Père Noël à dieu, ce sont des séances chez le psy assurées quand elle sera plus grande. Bref, je n’ai pas réussi à lui dire.

Et la lettre au Père Noël

Alors, elle a fait sa petite lettre au Père Noël sur laquelle elle a écrit : « Dans ma classe je suis la seule à croire en toi mais j’aime croire à la magie de Noël ». Elle a collé sa liste de jouets et a même formulé un souhait pour moi… pour sa maman chérie. (Bon, ok, c’est moi qui lui ai demandé de rajouter cette petite ligne…sait-t-on jamais !). Et le week-end dernier, nous sommes parties fièrement au Village du Père Noël à Nice pour aller déposer sa lettre dans la grosse boîte installée pour l’occasion.

Elle l’a dégainé de son petit sac à dos et avant de la mettre dans la boîte, a regardé à l’intérieur : « Mais maman les lettres sont encore là ! ». Et moi : « Ne t’inquiète pas ma chérie, les rennes du Père Noël sont ultra rapides et ils ont encore plusieurs jours devant eux ». Me voilà enliser dans mon mensonge et le pire c’est que je visualise parfaitement les rennes qui galopent dans les airs pour emmener les lettres au Père Noël.

D’un point de vue « psychologie de l’enfant », je suis totalement hors-jeu, hors-piste, totalement à côté de la plaque ! Je mens et en plus j’alimente ce mensonge. Pour l’exemplarité il faudra donc repasser ! Je suis bonne à être lapider sur la place publique parce que je n’ai pas eu le courage de lui dire « Non ma chérie le Père Noël n’existe pas et il est temps que tu saches ».

En toute légèreté

Alors pourquoi mentir ou – formulé différemment – pourquoi ne pas lui dire la vérité. Déjà parce que je n’ai pas eu l’envie, à quelques jours de Noël. Si cela avait été en plein été entre deux plongeons à la mer oui, pourquoi pas, mais là, non. Ensuite, parce que cette année a été particulièrement difficile et même si elle n’a pas directement été concernée, elle m’a vu triste alors de la voir avec ses yeux qui pétillent quand elle parle du Père Noël, c’est tout simplement beau et je n’ai pas envie de tout gâcher. Et puis, 9 ans c’est grand oui mais c’est petit encore. Elle a juste 9 ans de vie. Elle a déjà vécu beaucoup de choses pour son âge et son petit coeur.

Elle va grandir et même quand elle sera une adulte heureuse, elle ne pourra peut-être pas échapper à certaines épreuves, aux chagrins, à la réalité de la vie (pléonasme) qui peut-être parfois si dure et si injuste.

Alors, à quoi bon vouloir lui ouvrir les yeux et lui dire que « Non le Père Noël n’existe pas » ? Pourquoi lui enlever cet part de magie et lui avouer que c’est « papa et maman qui achètent les cadeaux et qui boivent le verre de lait au pied du sapin » ? En tout cas je n’ai pas eu envie de casser le mythe du Père Noël. Et je pense même qu’elle est dans le déni et qu’elle veut continuer d’y croire pour rester le plus longtemps une petite fille… et Ô diable ce que disent les copains !

Au final, je pense même qu’elle a tout compris. Que la vie c’est cela aussi. La vie, c’est s’accrocher à des choses auxquelles on croit pour continuer de rêver et pour traverser la vie en toute légèreté. Dolto disait « Les enfants ont beaucoup besoin de poésie… et les adultes aussi ». Alors on verra l’année prochaine… et en attendant, on va continuer d’y croire à ce Père Noël. Elle et puis moi aussi !

Anne L.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez saisir votre commentaire.
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.